Une nouvelle vidéo sur « l’éducation post conflit au Mali » sur la Web EDU TV, web-edu.tv, dont nous sommes partenaires, nous interpelle sur un enjeu majeur de l’éducation pour Tous : les situations de conflits, post conflits.
Pour des millions d’enfants dans le monde affectés par les désastres et les crises, le droit à l'éducation reste une promesse non tenue: 28 millions d’enfants sont non scolarisés dans les pays frappés par les conflits (UNESCO, 2011). Ils représentent la moitié des exclus de l’éducation de part le monde.
Lorsque les conflits atteignent les populations civiles, les effets sur les enfants et les systèmes éducatifs sont immédiats, en détruisant les infrastructures scolaires, affectant la scolarité d’enfants et déplaçant les familles d’élèves et les éducateurs mais aussi en aggravant l’insécurité et la paupérisation des familles.
Selon l’UNESCO, qui a dédié son rapport mondial de suivi de l’EPT de 2011 au sort des enfants et des élèves dans les pays en conflits :
- par rapport à l’ensemble des pays à faible revenu, la probabilité qu’un enfant ne soit pas scolarisé au primaire est multipliée par trois dans les États fragiles ou en situation de conflit.
- - - les taux de scolarisation au secondaire y sont inférieurs de près d'un tiers.
- - - les taux de mortalité infantile y sont deux fois supérieurs à ceux des autres pays.
Pire l’école, l’institution scolaire, notamment parce qu’elle représente l’Etat, est souvent la cible des violences dans les conflits armés, comme au Nigeria ou au Mali. Elle peut être « une fabrique », un lieu pris au piège par la propagande et source de recrutement de futurs soldats.
L’éducation est primordiale pour le retour à la paix, le processus de reconstruction d’un pays. On considère maintenant qu’il est crucial d’inclure l’éducation dans la planification et la mise en œuvre des interventions humanitaires. En effet, le retour à l’école même en situation de crise ou de post crise permet un retour à une forme de « normalisation » pour les enfants et permet de les protéger, physiquement, psychologiquement et socialement (notamment contre les trafics, l’exploitation économique, l’enrôlement forcé…). Elle donne un cadre stable, une structure et de l’espoir pour et dans l’avenir.
Plus durablement, une éducation de qualité contribue directement à la stabilité sociale, économique et politique des sociétés. Elle participe à réduire le risque de conflit violent en renforçant la cohésion sociale et en contribuant à la résolution des conflits et à l’édification de la paix.
Un défi : le financement de l’éducation en situation de crise
L’éducation dans les États fragiles et ceux touchés par le conflit souffre d’un sous- financement notable : ces pays reçoivent près de 4 fois moins d’aide à l'éducation de base par enfant en âge d’aller à l’école primaire que les autres pays à faible revenu. Se renvoient souvent dos à dos aide internationale humanitaire ou d’urgence et aide sectorielle à l’éducation.
Aujourd’hui, le Partenariat mondial pur l’éducation, seul fonds multilatéral pour l’éducation en fait une des ses priorités : notamment en allouant des fonds supplémentaires aux États fragiles ou en situation de conflit et en essayant d’améliorer la prévisibilité de ces financements.
Guerre au Mali : 2 ans déjà – plus d’un million d’enfants toujours exclus de l’éducation !
Voir le film : Rentrée scolaire 2013 post conflit au Mali
Aujourd’hui, au Mali, toujours plus d’un million deux cent mille enfants ne sont toujours pas scolarisés depuis la crise sociopolitique et sécuritaire majeure de janvier 2012. Ce court webdocu montre avec force les impacts de la crise sur le système éducatif malien mais aussi, comment aujourd’hui l’école malienne relève le défi de la normalisation malgré l’occupation et de la suspension de l’aide internationale.