Aujourd’hui pourtant, à deux ans des échéances internationales pour le cadre de l’Education Pour Tous et des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), et à l’occasion des discussions de l’agenda du développement post 2015 : 131 millions d’enfants sont toujours privés d’éducation, près d’une personne sur six est analphabète et des millions d’enfants quittent l’école sans maîtriser les compétences élémentaires en calcul/ écriture, sans parler des capacités sociales, créatrices qu’une éducation de qualité devrait apporter.
« Il ne s’agit pas d’un échec de compréhension, mais d’un échec à agir, à intégrer le droit à l’éducation dans les lois et les politiques publiques »[1] ! Pour ce faire, des moyens en provenance des pays du Nord sont nécessaires, en plus des dépenses nationales conséquentes consacrées par les pays du Sud.
La France s’affiche comme l’un des principaux donateurs en matière d’Education Pour Tous.
Or, en analysant les chiffres de l’Aide Publique au Développement (APD 2009-2011), nous avons pu constater un décalage entre les discours et les engagements financiers qui ne bénéficient pas prioritairement aux objectifs de lutte contre la pauvreté et contre les inégalités sociales.
La priorité affichée d’allouer les crédits à l’éducation de base semble difficile à tenir pour la France qui y consacre tout juste 10% de son APD éducation ! A côté , l’enseignement supérieur reçoit plus de 70% de cette aide « au développement » ?. Cela va à l’encontre des priorités affichées et des Objectifs du Millénaire pour le développement. Ne faudrait-il pas mieux ventiler cette aide sur des secteurs prioritaires pour le développement de l’éducation tels que l’éducation de base, la formation des enseignants déterminante pour la qualité (1.87% de l’APD éducation) ou l’insertion et la formation professionnelle (2.15% de l’APD éducation) ?
C’est pourquoi Solidarité Laïque interpelle le gouvernement et la représentation nationale par le biais de cet Observatoire en demandant un effort en faveur de l’éducation qui doit retrouver une place de choix dans la politique de développement, et être renforcée en volume et modifiée dans sa répartition tant géographique que par niveau d’enseignement. Les pays prioritaires doivent être les Pays les Moins Avancés d’Afrique subsaharienne, comme l’acte la Stratégie Education du Ministère des Affaires Etrangères . Ce n’est pourtant pas le cas dans les chiffres. Le Maroc, la Chine et l’Algérie sont dans le trio de tête des bénéficiaires de cette aide. Enfin, les frais d’écolage (coûts et bourses des étudiants étrangers ou des établissements français à l’étranger) n’ont pas leur place dans l’aide. Il s’agit, en effet, de crédits consommés en France qui représentent la moitié des crédits dédiés à l’éducation.
Les chiffres : "une aide éducation en trompe l'oeil"
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- Le document de plaidoyer " Droit à l'éducation : 12 engagements pour contribuer à une politique ambitieuse de développement": ici