La coalition française de la Campagne Mondiale pour l'Education salue l’adoption historique du premier projet de loi d’orientation et de programmation sur le développement et la solidarité internationale en première lecture à l’Assemblée nationale le 10 février 2014.
Pour la première fois dans l’histoire du pays, la France se dote d’un outil législatif en matière d’aide au développement et de solidarité internationale. L’objectif : tracer les grandes lignes de la politique d’aide au développement de la France en cohérence avec les engagements internationaux et les échéances autour du cadre post 2015.
Nous nous félicitons particulièrement du relais par les parlementaires et par le rapporteur Monsieur Dufau de ses propositions d’enrichissement du texte en ce qui concerne l’éducation et la formation. Ce projet redéfinit les priorités sectorielles de l’aide pour lutter durablement contre la pauvreté en misant sur l’école.
Retrouvez en ligne les documents travaillés par la représentation nationale.
Le texte sur l’éducation « revitalisé »
Dans le texte adopté, l’aide à l’éducation et à la formation a été dynamisée par l’ajout de certains éléments de poids :
- la notion de « Droit à l’éducation » et sa contribution « à l’épanouissement des personnes, et à l’exercice de la citoyenneté »
- L’idée que l’éducation dépasse la seule logique sectorielle : elle est un instrument de développement dans la mesure où elle donne les clés pour comprendre et promouvoir et qu’elle est aussi un instrument pour en comprendre les enjeux et les promouvoir.
- La notion de continuum éducatif, qui permet d’envisager l’éducation comme un outil de développement personnel et ne la réduit pas au but de l’employabilité.
- La référence au cadre de l’Education Pour Tous.
- Le rôle primordial des équipes pédagogiques dans la dispense d’une éducation de qualité et la nécessité d’investir dans le corps enseignant.
Un engagement particulier du Ministre et du Parlement est à féliciter sur la question du genre et des progrès sur la marche de l’égalité entre les femmes et les hommes. Leur stratégie prévoit ainsi que d’ici à 2017, 50 % des projets de développement français aient comme objectif principal ou significatif l’amélioration de l’égalité femmes/hommes.
A ce sujet, l’éducation n’est pas en reste, car la scolarisation des filles est une étape nécessaire à leur autonomisation et à l’accès à leurs droits, fondement de l’égalité. Le texte reconnaît ainsi que la parité des genres à l’école est un facteur primordial de développement.
Mais où est le seul fonds multilatéral pour l’éducation ?
Seule ombre, pas si anodine : l’ « oubli » du Partenariat Mondial pour l’Education (PME), qui n’est cité nulle part dans le texte. Nous regrettons que le Ministère ait rejeté cette mention sous le prétexte fallacieux que le PME « prend fin cette année » ou qu’ « il n’existe plus » !
Or ce fonds est reconstitué prochainement à Bruxelles en juin 2014 sous le parrainage de l’Union Européenne ! 7eme contributeur du PME jusqu’à présent, nous attendons de la France un réengagement significatif lors de cette occasion unique de reconfirmer, au-delà des mots, son engagement à investir en priorité dans une éducation de qualité pour tous les enfants.
Le Partenariat mondial pour l'Education: des enjeux d’envergure
Le Partenariat mondial pour l’éducation est le seul partenariat multilatéral qui se consacre à la scolarisation et à l’apprentissage pour tous les enfants dans les pays les plus pauvres. Depuis sa création en 2002, le Partenariat mondial pour l’éducation est passé de 7 à 59 pays en développement partenaires (2013). Il a alloué un budget de près de 3,7 milliards de dollars en faveur de l’éducation, le plaçant au 4ème rang des bailleurs pour l’éducation aux pays à faible revenu et à revenu intermédiaire en 2011. En moyenne, la part du financement de l’éducation en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) dans les pays en développement partenaires augmente de 10 % une fois qu’ils rejoignent le PME.